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Une mère tenant la main de son enfant
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Code de la famille (Moudawana) · Article 175

« Si je me remarie, je perds mes enfants » : faux, dans 4 cas (Moudawana, art. 175)

Validé par Leila Chraibi

⏱️ 6 min de lecture Famille

📜 Le texte officiel — article 175 de la Moudawana

« Le mariage de la mère chargée de la garde de son enfant n’entraîne pas la déchéance de son droit de garde, dans les cas suivants :

  1. si l’enfant n’a pas dépassé l’âge de sept ans ou si sa séparation de sa mère lui cause un préjudice ;

  2. si l’enfant soumis à la garde est atteint d’une maladie ou d’un handicap rendant sa garde difficile à assumer par une personne autre que sa mère ;

  3. si le nouvel époux est un parent de l’enfant avec lequel il a un empêchement à mariage ou s’il est son représentant légal ;

  4. si elle est la représentante légale de l’enfant.

Le mariage de la mère qui a la garde dispense le père des frais de logement de l’enfant et de la rémunération au titre de sa garde, mais il demeure, toutefois, redevable du versement de la pension alimentaire due à l’enfant. »

💡 Ce que ça veut dire

La règle que tout le monde retient — « une mère gardienne qui se remarie perd la garde » — n’est que la moitié de la loi. L’article 175 protège la mère dans quatre situations :

  • L’enfant a 7 ans ou moins, ou sa séparation d’avec sa mère lui causerait un préjudice ;
  • L’enfant est malade ou en situation de handicap, au point que personne d’autre que sa mère ne peut réellement s’en occuper ;
  • Le nouveau mari est un proche de l’enfant (parent avec empêchement à mariage, par exemple un oncle) ou son représentant légal ;
  • La mère est elle-même la représentante légale de l’enfant.

En revanche, le remariage a un effet financier automatique : le père n’a plus à payer ni les frais de logement de l’enfant, ni la rémunération de garde. Seule la pension alimentaire de l’enfant reste due, dans tous les cas.

🧮 Le cas concret, en dirhams

Salma, divorcée, a la garde de sa fille Lina, 5 ans. Le jugement a fixé les contributions du père à :

  • pension alimentaire : 1 200 DH/mois ;
  • frais de logement de l’enfant : 800 DH/mois ;
  • rémunération de garde : 300 DH/mois.

Soit 2 300 DH par mois. Salma se remarie.

  • Lina a 5 ans, donc moins de 7 ans : premier cas de l’article 175 — Salma garde sa fille, le remariage ne change rien à la garde.
  • Côté argent : le père est dispensé du logement (800 DH) et de la rémunération de garde (300 DH). Il ne verse plus que la pension : 1 200 DH/mois.
  • Pour le budget de l’enfant, c’est 1 100 DH de moins chaque mois, soit 13 200 DH sur un an — un trou que les deux parents doivent anticiper, pas découvrir.

Et si le père veut contester la garde malgré tout, l’article 176 lui donne un an à compter du jour où il apprend le mariage pour saisir le juge. Passé ce délai, son action s’éteint, sauf motifs impérieux.

⚠️ L’erreur fréquente

Deux erreurs opposées coûtent cher :

  1. Croire la garde perdue d’office. Des mères renoncent à se remarier — ou acceptent de « rendre » l’enfant — par peur d’une règle qui ne s’applique pas à leur cas. Avant toute décision, vérifiez dans lequel des quatre cas vous êtes.
  2. Croire que rien ne change. Même quand la garde reste, le logement et la rémunération de garde s’arrêtent. Et côté père, laisser passer le délai d’un an de l’article 176, c’est perdre définitivement le droit de demander la déchéance pour ce mariage.

📜 Source du texte officiel

Code de la famille (Moudawana), loi n° 70-03 promulguée par le dahir n° 1-04-22 du 3 février 2004 — version consolidée au 4 février 2016, portail Adala du ministère de la Justice — texte consulté sur la source officielle. En cas d'écart, seul le texte publié au Bulletin officiel fait foi.

🔎 Pour aller plus loin

⚖️ Information générale — pas un avis d’avocat. Pour votre situation, consultez un juriste.