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Consommation & arnaques

Sextorsion : le sélectionneur Hervé Renard piégé, ses maîtres-chanteurs condamnés à Oued Zem

À Oued Zem, deux hommes qui faisaient chanter l'ancien sélectionneur Hervé Renard après un piège à la webcam ont été condamnés à de la prison ferme.

🗓️ Affaire du 3 mars 2021

On croit toujours que le chantage en ligne ne vise que les anonymes. En 2021, c’est pourtant l’un des visages les plus connus du football marocain qui a porté plainte : Hervé Renard, sélectionneur des Lions de l’Atlas de 2016 à 2019. À l’autre bout du fil, deux jeunes hommes d’Oued Zem, une petite ville du centre du pays devenue tristement célèbre pour ce type d’affaires. Leur condamnation rappelle une règle d’or du numérique : face à un maître-chanteur, payer ne met jamais fin au chantage — porter plainte, si.

L’histoire

Tout commence par une prise de contact anodine sur les réseaux sociaux. Selon les éléments rapportés par la presse, l’un des deux hommes se fait passer pour une jeune femme et engage la conversation avec l’ancien sélectionneur. L’échange bascule ensuite vers un appel vidéo à caractère intime, enregistré à l’insu de la victime. Très vite, le ton change : les deux complices exigent une rançon évaluée à 100 000 dirhams, en menaçant de diffuser les images compromettantes.

Harcelé et lassé par les menaces répétées, Hervé Renard finit par déposer plainte auprès du parquet du tribunal de première instance d’Oued Zem. Ce geste, que beaucoup de victimes n’osent pas faire par honte ou par peur du scandale, va déclencher une enquête rapide. La brigade de lutte contre la cybercriminalité, en coordination avec le laboratoire technique et scientifique de la police, parvient à localiser l’un des suspects grâce à son numéro de téléphone.

La police judiciaire passe alors à l’action : les domiciles des deux mis en cause sont perquisitionnés, un ordinateur et trois webcams sont saisis. Confrontés aux enquêteurs, les deux hommes auraient reconnu avoir ciblé l’ancien sélectionneur pour l’appâter, le compromettre et le rançonner.

L’affaire est soumise au tribunal le 18 février 2021. Après plusieurs audiences, le verdict tombe début mars : le principal accusé est condamné à deux ans et demi de prison ferme et 5 000 dirhams d’amende ; son complice écope de trois mois de prison ferme et de la même amende. Les poursuites visaient notamment la tentative de fraude et d’extorsion de sommes d’argent sous la menace de divulguer des informations privées, l’escroquerie, ainsi que le fait d’avoir filmé une personne se trouvant dans un lieu privé sans son consentement. La défense du plaignant avait, de son côté, sollicité 50 000 dirhams de dommages et intérêts.

L’affaire dépasse le seul cas d’une personnalité du football. Oued Zem, jadis surnommée « le petit Paris », s’est forgé en quelques années une réputation mondiale dans la sextorsion : de jeunes cybercriminels y ciblent des victimes tant au Maroc qu’à l’étranger, notamment dans les pays du Golfe, en se cachant derrière de faux profils féminins sur les sites de rencontres et les réseaux sociaux. Les autorités y ont démantelé plusieurs réseaux, et cette condamnation s’inscrit dans une série d’opérations destinées à tarir le phénomène à sa source.

Ce que ça enseigne sur le droit

  • Le chantage en ligne est un crime, pas une fatalité : menacer de diffuser des images ou des informations privées pour extorquer de l’argent constitue une extorsion, punie par le Code pénal marocain — même si la victime n’a jamais payé, la tentative suffit.
  • Filmer quelqu’un dans un lieu privé sans son consentement est une infraction en soi : enregistrer un appel vidéo intime à l’insu de la personne, puis conserver ces images, expose à des poursuites distinctes du chantage lui-même.
  • Payer ne protège pas : les maîtres-chanteurs reviennent presque toujours à la charge avec de nouvelles exigences. La seule issue durable, comme l’a montré cette affaire, est de couper le contact, conserver les preuves (captures d’écran, numéros, messages) et porter plainte.
  • La police dispose d’outils d’investigation numérique : brigade spécialisée en cybercriminalité, laboratoire technique et scientifique… Un numéro de téléphone ou un compte peut suffire à remonter jusqu’aux auteurs, même cachés derrière un faux profil.
  • La honte protège les criminels, pas les victimes : beaucoup de personnes cèdent en silence, ce qui entretient le phénomène. La plainte d’une personnalité publique a ici permis de démanteler un duo d’extorqueurs — chaque signalement compte.

Et sur KAN3REF ?

Victime d’un chantage, d’une arnaque ou d’une usurpation en ligne ? Nos fiches pratiques expliquent pas à pas comment déposer plainte, quelles preuves conserver et quels délais respecter. Un réflexe à retenir dès maintenant : ne jamais payer, ne jamais effacer les échanges, et saisir la police ou la gendarmerie sans attendre.

Sources

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⚖️ Information générale, pas conseil juridique. Ce récit est rédigé à partir d'informations de presse et vise à expliquer le droit simplement. Il ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas la consultation d'un professionnel du droit. KAN3REF — كنعرف est une marque indépendante, sans lien avec un service public.