Aller au contenu
KAN3REF — كنعرف
Illustration aquarelle : porte de palais de justice entrouverte sur une lumière chaude, tons marine et or — article sur la confirmation en appel dans l’affaire Hijaouy
Corruption & détournement

Affaire Hijaouy : la cour d'appel de Rabat confirme des peines de deux à quatre ans de prison ferme

L'ex-épouse, le fils et un troisième prévenu d'un dossier lié à un ancien haut responsable du renseignement extérieur voient leurs condamnations confirmées en appel. Récit d'une affaire sensible et de ce qu'elle enseigne sur l'appel pénal.

🗓️ Affaire du 14 octobre 2026

L’histoire

C’est un dossier qui mêle renseignement, argent et fuite à l’étranger. Mehdi Hijaouy, présenté par la presse comme un ancien haut responsable de la Direction générale des études et de la documentation (DGED) — le renseignement extérieur marocain —, aurait quitté le Maroc en 2024. Selon les publications qui rapportent l’affaire, un mandat d’arrêt international aurait été émis contre lui : il serait recherché notamment pour des soupçons d’escroquerie, de constitution d’une bande criminelle et d’organisation de l’immigration clandestine. À ce jour, il n’a pas été jugé — ces accusations le concernant restent au conditionnel.

Ce sont trois de ses proches et co-prévenus qui étaient jugés. Le mardi 13 octobre 2026, la cour d’appel de Rabat a confirmé les condamnations prononcées en première instance :

  • Yazid Hijaouy, son fils, poursuivi en liberté : deux ans de prison ferme et 30 000 dirhams d’amende.
  • Zineb El Amari, son ex-épouse, poursuivie en détention : trois ans de prison ferme et 50 000 dirhams d’amende.
  • Ahmed Amine Bouabid : quatre ans de prison ferme et 50 000 dirhams d’amende.

Les poursuites portaient notamment sur l’usurpation d’une qualité réglementée par la loi, l’escroquerie et la complicité d’escroquerie, l’aide apportée à l’auteur d’une infraction pour lui permettre d’échapper à la justice, ainsi que des menaces. En confirmant, la cour d’appel maintient donc l’intégralité des peines de première instance.

Illustration aquarelle d'un bureau : pile de dossiers ficelés, clé ancienne en laiton, lunettes et stylo-plume sur une feuille vierge, tons marine et or

Ce que ça enseigne sur le droit

  1. Confirmer en appel, ce n’est pas « rejuger à l’identique » : la cour d’appel réexamine l’affaire en fait et en droit. Quand elle confirme, c’est qu’après ce nouvel examen, elle fait sienne la décision des premiers juges — les peines deviennent alors celles de la cour d’appel.
  2. Aider un fugitif à échapper à la justice est une infraction en soi : héberger, cacher, financer ou faciliter la fuite d’une personne recherchée expose à des poursuites distinctes de celles qui visent la personne en fuite — y compris pour ses proches.
  3. L’usurpation de qualité : se prévaloir d’un titre ou d’une fonction réglementés que l’on n’a pas — par exemple se présenter comme membre d’un service de sécurité — constitue un délit autonome, souvent associé aux escroqueries qu’il permet de commettre.
  4. Accusé ne veut pas dire condamné : dans ce dossier, il faut distinguer les trois prévenus, condamnés en appel, de la personne recherchée, qui n’a été jugée ni condamnée et bénéficie de la présomption d’innocence. Un mandat d’arrêt international n’est pas une condamnation : c’est un outil de recherche et d’arrestation en vue d’un procès.
  5. Il reste une voie après l’appel : un pourvoi en cassation peut être formé devant la Cour de cassation, qui ne rejuge pas les faits mais vérifie que le droit a été correctement appliqué. Tant que les délais de pourvoi courent, la décision n’est pas encore coulée dans le marbre.

Et sur KAN3REF ?

Que faire si un proche est arrêté ou recherché ? Notre fiche sur le nouveau Code de procédure pénale (loi 03.23) explique la garde à vue, les droits de la défense et les premiers réflexes à avoir — ainsi que les recours qui restent après un verdict, dans des délais souvent très courts, jusqu’au pourvoi en cassation. Et si vous êtes du côté des victimes, nos guides procéduraux montrent comment déposer plainte auprès du Procureur du Roi. Nous suivrons ce dossier : sa dimension la plus attendue reste le sort judiciaire de l’ancien responsable lui-même, toujours recherché selon la presse.

Sources

À la une aussi

Partager : WhatsApp Facebook X

Guide gratuit

10 droits que tout Marocain ignore

Achat en ligne, licenciement par WhatsApp, CNSS, garde à vue… Recevez le guide complet par email, et nos nouvelles fiches chaque semaine.

⚖️ Information générale, pas conseil juridique. Ce récit est rédigé à partir d'informations de presse et vise à expliquer le droit simplement. Il ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas la consultation d'un professionnel du droit. KAN3REF — كنعرف est une marque indépendante, sans lien avec un service public.