Guercif : le faux fonctionnaire qui vidait les comptes au téléphone
Ils appelaient en promettant des aides sociales et soutiraient les données bancaires de leurs victimes. Sept suspects ont été arrêtés à Guercif.
🗓️ Affaire du 1 juillet 2025
« Bonjour, nous vous appelons au sujet de votre aide sociale. Pour débloquer votre versement, nous avons besoin de vérifier vos coordonnées bancaires. » La phrase est polie, crédible — et elle a suffi, selon la police, à vider les comptes de plusieurs victimes. Le 2 juillet 2025, sept suspects ont été arrêtés à Guercif, soupçonnés d’avoir monté une arnaque téléphonique bien rodée. L’enquête se poursuit sous la supervision du parquet ; les personnes interpellées sont présumées innocentes à ce stade.
L’histoire
L’opération est menée par la police de Guercif, en coordination avec les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Ce mercredi 2 juillet 2025, sept individus sont arrêtés dans la ville, soupçonnés d’être impliqués dans une affaire d’escroquerie et d’usurpation de fonctions réglementées par la loi.
Selon les premières données de l’enquête relayées par la presse, les suspects contactaient leurs victimes par téléphone en se faisant passer pour des fonctionnaires ou pour des responsables d’institutions privées. Le prétexte variait peu : l’annonce d’un gain en argent à percevoir, ou l’accès à des aides sociales — des programmes bien réels, dont les campagnes d’information officielles ont familiarisé le public avec les démarches. Dans ce climat de confiance, les victimes auraient communiqué leurs données bancaires et personnelles sensibles.
Ces informations auraient ensuite été exploitées pour retirer des sommes d’argent directement depuis les comptes des victimes, ou pour exécuter des transferts à leur insu. D’après les services de sécurité, ce type de procédé, fondé sur de fausses promesses et des ruses destinées à tromper, s’est répété dans plusieurs villes marocaines ces derniers temps — Guercif n’en serait qu’un épisode.
La vérification des identités dans la base de données de la police nationale a d’ailleurs révélé qu’un des suspects faisait déjà l’objet d’un avis de recherche national, émis par la police judiciaire de Tanger pour son implication présumée dans une affaire d’escroquerie similaire. Un indice, pour les enquêteurs, de réseaux qui se déplacent et récidivent d’une région à l’autre.
Les sept suspects ont été placés en garde à vue sous la supervision du parquet compétent. L’enquête devra déterminer l’étendue réelle de l’activité du groupe, le nombre de victimes, les circuits suivis par l’argent soutiré et les infractions précises reprochées à chacun. Comme le rappellent systématiquement les autorités dans ce type d’affaires : aucune institution officielle ne demande des coordonnées bancaires par téléphone.
Ce que ça enseigne sur le droit
- Se faire passer pour un fonctionnaire est un délit aggravant : l’usurpation de fonctions réglementées par la loi, lorsqu’elle sert à commettre une escroquerie, expose à des poursuites cumulées — la fausse qualité n’est pas un simple mensonge, c’est une infraction autonome.
- Aucune aide sociale ne se débloque contre des données bancaires : les administrations et les banques ne demandent jamais par téléphone un numéro de carte, un code confidentiel ou un mot de passe. Toute demande de ce type est, par définition, une tentative de fraude.
- Communiquer ses données, c’est ouvrir son compte : les informations « de vérification » suffisent souvent aux escrocs pour opérer des retraits ou des virements. En cas de doute, raccrocher et rappeler l’institution sur son numéro officiel est le seul réflexe sûr.
- Réagir dans les premières heures : si des données ont été transmises, il faut contacter sa banque immédiatement pour faire opposition et surveiller ses relevés, puis déposer plainte. La rapidité conditionne les chances de bloquer les fonds.
- Les plaintes font tomber les réseaux : l’arrestation de Guercif repose sur le renseignement et la coordination entre services — chaque signalement, même pour un simple appel suspect, alimente ce travail d’identification.
Et sur KAN3REF ?
Appel douteux, faux agent, demande de coordonnées bancaires ? Nos fiches pratiques expliquent comment reconnaître une escroquerie, quelles démarches entreprendre auprès de sa banque et comment porter plainte efficacement. Un principe à transmettre autour de soi, surtout aux personnes âgées : au téléphone, on ne « vérifie » jamais un compte — on raccroche.
Sources
- L’Observateur du Maroc, « Guercif : démantèlement d’un réseau d’escrocs » (02/07/2025) — https://www.maghress.com/fr/lobservateur/215143
- Al Maghreb 24, « La police démantèle un réseau d’escroquerie par téléphone à Guercif » (en arabe, 02/07/2025) — https://www.maghress.com/almaghreb24/286521
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