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Aquarelle marine et or : un bureau donnant sur la médina de Fès, une liasse de feuilles blanches ficelées, un tampon en bois et une mallette vide ouverte
Consommation & arnaques

Fès : de faux contrats de travail à l'étranger vendus jusqu'à 50 000 dirhams

Une agence, un notaire et des intermédiaires auraient vendu de faux contrats de travail à des dizaines de candidats à l'émigration. Enquête en cours.

🗓️ Affaire du 12 septembre 2025

Un contrat de travail à l’étranger, signé devant notaire : sur le papier, tout inspirait confiance. C’est précisément ce décor de sérieux qui aurait permis à un réseau démantelé à Fès en septembre 2025 de soutirer jusqu’à 50 000 dirhams à des candidats à l’émigration — ils se comptent par dizaines. Quatre personnes, dont la responsable d’une agence d’intermédiation et un notaire, ont été arrêtées. L’enquête est en cours et les personnes interpellées bénéficient de la présomption d’innocence : voici ce que l’on sait, et ce qu’il faut en retenir avant de payer pour un départ.

L’histoire

Le samedi 13 septembre 2025, les éléments de la Brigade régionale de la police judiciaire de Fès, en étroite coordination avec les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), procèdent à une série d’arrestations simultanées dans quatre villes : Fès, Meknès, Sefrou et Imouzzer. Quatre personnes sont interpellées, soupçonnées d’appartenir à un réseau criminel spécialisé dans l’escroquerie visant des candidats à l’immigration.

Selon les premiers éléments de l’enquête rapportés par la presse, le dispositif reposait sur une structure en apparence professionnelle : une société d’intermédiation en matière d’emploi, dirigée par la principale suspecte, proposait aux candidats des contrats de travail à l’étranger. En contrepartie, les victimes auraient versé des sommes pouvant atteindre 50 000 dirhams. Et pour donner à ces promesses une apparence de légalité imparable, les contrats fictifs auraient été signés sous la supervision du notaire arrêté — un officier public dont la présence rassure, à tort dans ce cas précis.

Deux intermédiaires complèteraient le dispositif, chargés vraisemblablement de rabattre les candidats vers l’agence. Les perquisitions menées lors de l’opération ont permis de saisir un matériel parlant : des copies de contrats de travail fictifs, des bordereaux de virements bancaires provenant vraisemblablement des victimes, des pièces d’identité et des passeports, du matériel informatique, ainsi que des cachets qui auraient été utilisés dans cette activité.

Les victimes, elles, se compteraient par dizaines. Derrière ce chiffre, des parcours classiques : des jeunes — et moins jeunes — prêts à payer le prix d’une vie meilleure, qui ont souvent emprunté ou vendu des biens pour réunir la somme, et qui ont découvert que le contrat tant espéré ne valait rien.

Les quatre prévenus ont été placés en garde à vue à la disposition de l’enquête judiciaire, menée sous la supervision du parquet compétent, afin d’élucider les circonstances de l’affaire et de déterminer l’ensemble des actes criminels qui leur sont imputés. À ce stade, il s’agit bien d’une enquête en cours : aucune décision de justice n’a encore été rendue, et les faits décrits correspondent aux éléments communiqués par les services de sécurité et relayés par la presse.

Cette affaire n’est malheureusement pas isolée. Les fausses promesses de travail à l’étranger constituent l’une des arnaques les plus répandues au Maroc : elles prospèrent sur la force du rêve d’émigration et sur la difficulté, pour un candidat, de vérifier l’existence réelle d’un employeur situé à des milliers de kilomètres.

Ce que ça enseigne sur le droit

  • Un contrat de travail à l’étranger ne s’achète pas : dans les filières légales, c’est l’employeur qui recrute — le candidat ne doit jamais payer des dizaines de milliers de dirhams pour obtenir un contrat. Toute demande de paiement important « pour le dossier » doit déclencher l’alerte.
  • La présence d’un notaire ne garantit pas la réalité de l’offre : le notaire authentifie des signatures et des actes ; il ne certifie pas l’existence d’un employeur étranger ni la validité d’un visa. Un cachet officiel peut malheureusement servir de décor à une escroquerie.
  • L’escroquerie est punie par le Code pénal : obtenir de l’argent par des manœuvres frauduleuses — fausses entreprises, faux contrats, fausse qualité — expose leurs auteurs à des peines de prison et à des amendes, indépendamment des poursuites pour faux et usage de faux.
  • Vérifier avant de verser : existence légale de l’agence, agréments, identité de l’employeur étranger, possibilité de contacter directement l’entreprise concernée… et ne jamais remettre son passeport ni payer en espèces sans reçu.
  • En cas de doute ou de préjudice, porter plainte : bordereaux de virement, contrats, échanges de messages sont des preuves précieuses. C’est l’accumulation des plaintes qui permet, comme à Fès, de démanteler ces réseaux.

Et sur KAN3REF ?

Vous envisagez de travailler à l’étranger et une agence vous demande de l’argent ? Avant tout versement, parcourez nos fiches pratiques : elles expliquent les droits du consommateur face aux agences d’intermédiation, les réflexes de vérification et les démarches de plainte en cas d’escroquerie.

Sources

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⚖️ Information générale, pas conseil juridique. Ce récit est rédigé à partir d'informations de presse et vise à expliquer le droit simplement. Il ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas la consultation d'un professionnel du droit. KAN3REF — كنعرف est une marque indépendante, sans lien avec un service public.