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KAN3REF — كنعرف
Aquarelle marine et or : une ruelle de souk marocain au crépuscule, lanternes allumées, étals de sacs et de flacons de parfum examinés sous une grande loupe dorée
Consommation & arnaques

Contrefaçon : à Casablanca, la douane déclare la guerre aux produits faux

Descentes au souk El Korea, stocks saisis par millions de dirhams : la douane traque la contrefaçon qui trompe et parfois empoisonne le consommateur.

🗓️ Affaire du 8 septembre 2025

Un sac « de marque » à prix cassé, un parfum au tiers de son tarif en boutique, des baskets introuvables ailleurs : pour beaucoup de consommateurs, la contrefaçon est une bonne affaire. Jusqu’au jour où le produit se révèle dangereux — crème qui brûle la peau, chargeur qui surchauffe, pièce automobile qui lâche. À Casablanca, les descentes des autorités au souk El Korea, filmées et massivement partagées à l’été 2025, ont rappelé l’envers du décor : des stocks entiers saisis, et un consommateur qui, lui aussi, a des droits — et des risques.

L’histoire

Le souk El Korea, dans le quartier Aïn Chock, est l’un des poumons commerciaux de Casablanca. Depuis des décennies, on y trouve de tout, y compris des marchandises issues de circuits parallèles. Mais depuis plusieurs mois, les autorités y mènent des descentes inopinées pour lutter contre la contrefaçon. En juillet 2025, les vidéos des saisies se propagent sur les réseaux sociaux et suscitent des réactions contradictoires.

D’un côté, des clients qui protestent : fermer ces magasins, disent-ils, c’est pousser les consommateurs vers les boutiques de marques, jugées trop chères. De l’autre, des commerçants qui se plaignent d’être montrés du doigt par les influenceurs venus filmer leurs étals. Entre les deux, un fait : les produits confisqués — textiles, cosmétiques et autres articles, dépourvus de factures — représentent pour certains magasins des stocks évalués jusqu’à trois millions de dirhams.

Ces opérations s’inscrivent dans un dispositif beaucoup plus large, piloté par l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII). Dans la région Casablanca-Settat, la lutte contre la contrebande a débouché, selon le rapport de l’ADII, sur la saisie de marchandises d’une valeur totale de 259,8 millions de dirhams lors de 116 interventions — une hausse de plus de 70 % par rapport à 2023.

Sur la contrefaçon proprement dite, les chiffres de 2024 donnent la mesure du phénomène : l’ADII a recensé 746 demandes de suspension déposées par les titulaires de marques — en hausse de 9,38 % — et réalisé 82 suspensions effectives, portant sur environ 1,15 million d’articles. Le mécanisme est le suivant : les marques qui protègent leurs droits peuvent demander à la douane de bloquer les marchandises suspectes à l’entrée du territoire ; aux services douaniers ensuite de vérifier, avec leurs outils de ciblage et d’analyse de données, quelles cargaisons inspecter.

Car tout ne peut pas être contrôlé physiquement. Les ports, principale porte d’entrée des marchandises, ne peuvent ouvrir qu’une fraction des conteneurs — de l’ordre de 10 à 30 % selon une source douanière citée dans le reportage — quand les flux aériens, réservés à de petites quantités, font l’objet d’un contrôle quasi systématique. Les fraudeurs le savent et jouent sur la sous-déclaration de valeur et la masse des envois. L’essor du commerce électronique complique encore la tâche : des plateformes qui expédient des millions de petits colis transforment la nature des échanges et multiplient les risques de fraude et de contrefaçon.

Pour les spécialistes interrogés, la contrefaçon n’est pas un délit sans victime. Elle fragilise deux fois le pays : elle bafoue la propriété industrielle des créateurs et des entreprises, et elle exerce un dumping déloyal sur l’industrie nationale, qui produit dans les règles. Sans compter l’emploi : les représentants des consommateurs dénoncent depuis longtemps un fléau qui détruit des milliers de postes dans le textile, le cuir ou les cosmétiques. Reste le dilemme central, que le reportage formule sans détour : pour le consommateur au budget serré, l’alternative légale peine encore à se dessiner, entre importations renchéries et marques accusées de pratiquer des prix injustifiés.

Ce que ça enseigne sur le droit

  • Vendre de la contrefaçon est un délit, pas un commerce informel : la loi n° 17-97 relative à la protection de la propriété industrielle encadre les actions en contrefaçon ; les marchandises peuvent être suspendues en douane, saisies, et les vendeurs s’exposent à des sanctions civiles et pénales.
  • La douane peut bloquer les faux à la frontière : à la demande des titulaires de marques, l’ADII suspend la mainlevée des marchandises suspectes — 746 demandes en 2024. C’est l’un des outils les plus efficaces, car il agit avant la mise en vente.
  • L’absence de facture est un signal : les stocks saisis à El Korea étaient dépourvus de factures. Pour le consommateur, exiger une facture n’est pas un caprice : c’est la preuve de l’origine du produit et la condition de tout recours.
  • Le faux bon marché peut coûter cher en santé : la loi n° 31-08 sur la protection du consommateur impose des obligations de sécurité et d’information. Un cosmétique ou un médicament contrefait échappe à tout contrôle : en cas de dommage, identifier un responsable devient très difficile.
  • Acheter en connaissance de cause n’est pas neutre : la demande entretient l’offre. Privilégier les circuits officiels, comparer les prix anormalement bas et signaler les points de vente douteux participent de la même protection.

Et sur KAN3REF ?

Produit défectueux, vendeur qui refuse tout remboursement, soupçon de faux ? Nos fiches pratiques expliquent les garanties dont bénéficie tout acheteur au Maroc, les démarches auprès des associations de protection du consommateur et les voies de plainte. Le réflexe qui change tout : garder la facture et l’emballage, c’est déjà la moitié du dossier.

Sources

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⚖️ Information générale, pas conseil juridique. Ce récit est rédigé à partir d'informations de presse et vise à expliquer le droit simplement. Il ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas la consultation d'un professionnel du droit. KAN3REF — كنعرف est une marque indépendante, sans lien avec un service public.