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Aquarelle marine et or : un stade illuminé la nuit par ses projecteurs, une main au premier plan brandissant un billet vierge au coin déchiré
Consommation & arnaques

CAN 2025 : 118 interpellations contre le marché noir des billets

Billets revendus jusqu'à dix fois leur prix, faux tickets, supporters floués : pendant la CAN, la police a traqué la spéculation sur les réseaux.

🗓️ Affaire du 30 décembre 2025

Le billet coûtait 150 dirhams en billetterie officielle. Sur les réseaux sociaux, il s’en vendait jusqu’à 2 500. Pendant la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc, la fête du football a attiré un marché parallèle d’une ampleur inédite — et une riposte policière tout aussi inédite : 118 personnes interpellées dès la phase de groupes. Entre supporters floués et revendeurs présumés, récit d’une traque menée d’abord en ligne, puis dans les rues des villes hôtes.

L’histoire

Dès le match d’ouverture Maroc–Comores, le phénomène explose. Les places partent vite sur les canaux officiels, et parallèlement fleurissent sur les réseaux sociaux des annonces de revente à des prix sans rapport avec la valeur nominale : jusqu’à dix fois le tarif officiel selon la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), et des billets à 150 dirhams proposés jusqu’à 2 500 dirhams. Des supporters dénoncent, d’autres paient — parfois pour découvrir à l’entrée du stade un billet invalide, déjà utilisé ou lié à une autre identité.

La réponse des autorités commence dans le cyberespace. Les services de veille informationnelle de la Sûreté nationale repèrent les publications proposant illégalement des billets à la revente. Les investigations techniques permettent ensuite d’identifier les suspects derrière les pseudonymes, avant des interventions sur le terrain.

Une première vague d’arrestations vise huit personnes, interpellées dans plusieurs villes — Rabat, Témara, Agadir, Salé, Marrakech et Mohammedia — soupçonnées de spéculation sur les billets de la compétition. Quelques jours plus tard, le 26 décembre 2025, un homme de 37 ans est arrêté à Agadir, près d’un grand centre commercial : les enquêteurs saisissent sur lui un ensemble de billets de matchs de la compétition, ainsi qu’une somme d’argent soupçonnée de provenir de cette activité.

Le 31 décembre 2025, le bilan donné par la DGSN atteint 118 personnes interpellées depuis le début du tournoi, principalement durant la phase de groupes. Les faits reprochés dépassent la simple revente : vente illégale de billets et spéculation, mais aussi falsification de documents, atteinte aux systèmes informatiques, escroquerie et diffusion de fausses informations en lien avec la compétition. Selon la gravité des faits, certains suspects ont été placés en détention provisoire, d’autres sous contrôle judiciaire, les enquêtes se poursuivant sous la supervision des parquets compétents. À ce stade, toutes ces personnes sont présumées innocentes.

Au-delà des arrestations, l’épisode a mis au jour un effet pervers souligné par les organisateurs : le marché noir accumule des stocks de billets qui ne trouvent pas toujours preneur, contribuant à des écarts entre les matchs annoncés complets et les tribunes réellement remplies. Pour les autorités, l’enjeu affiché est double : garantir un accès équitable aux matchs et protéger les supporters — marocains comme étrangers — contre les arnaques, pendant toute la durée de la compétition.

Ce que ça enseigne sur le droit

  • Revendre des billets à prix gonflé est illégal : la spéculation sur les billets d’événements sportifs constitue une activité illicite. Les revendeurs s’exposent à des poursuites, et pas seulement à la confiscation de leur stock.
  • Acheter au marché noir, c’est risquer de tout perdre : billet falsifié, déjà scanné ou nominatif au nom d’un autre — le supporter peut se voir refuser l’entrée du stade, sans aucun recours contre un vendeur anonyme rencontré sur un réseau social.
  • Le faux billet transforme le vendeur en escroc : vendre un ticket que l’on sait invalide relève de l’escroquerie et du faux, des infractions pénales bien plus graves que la simple revente spéculative.
  • La billetterie officielle est la seule protection : achat sur les canaux agréés, conservation des confirmations et des justificatifs de paiement — ce sont eux qui ouvrent droit à remboursement ou à réclamation en cas de problème.
  • Les traces numériques identifient les vendeurs : cette affaire l’a démontré, les services de veille de la police surveillent les plateformes pendant les grands événements ; une annonce « anonyme » ne l’est jamais tout à fait.

Et sur KAN3REF ?

Billet refusé à l’entrée, achat en ligne jamais livré, vendeur injoignable ? Nos fiches pratiques rappellent les droits de l’acheteur, les preuves à conserver et les voies de plainte. Pour les prochains grands rendez-vous sportifs, une règle simple : si le prix n’a plus rien à voir avec le tarif officiel, ce n’est pas une affaire — c’est un piège.

Sources

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⚖️ Information générale, pas conseil juridique. Ce récit est rédigé à partir d'informations de presse et vise à expliquer le droit simplement. Il ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas la consultation d'un professionnel du droit. KAN3REF — كنعرف est une marque indépendante, sans lien avec un service public.