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Aquarelle nocturne aux tons marine et or : le portail en fer forgé d'une villa casablancaise éclairé par deux lanternes dorées, une voiture aux phares allumés dans la rue sombre
Grandes affaires criminelles

Un député assassiné devant sa villa : le procès Mirdas, entre passion, argent et vengeance

En mars 2017, le député Abdellatif Mirdas est abattu devant sa villa à Casablanca. Un an plus tard, la justice prononce la peine de mort et la perpétuité.

🗓️ Affaire du 25 juin 2018

C’est un crime qui, au premier regard, avait tout d’un assassinat politique : un député abattu par balles, le soir, devant chez lui, dans un quartier huppé de Casablanca. Mais au fil de l’enquête puis du procès, l’affaire Abdellatif Mirdas a raconté une tout autre histoire — intime, sordide et minutieusement préparée, selon l’accusation. Elle s’est soldée par les peines les plus lourdes que puisse prononcer une cour marocaine : la mort et la perpétuité.

L’histoire

Le 7 mars 2017, Abdellatif Mirdas, député de l’Union constitutionnelle, est tué par balles devant sa villa du quartier Californie, à Casablanca, alors qu’il regagne son domicile. L’émotion est immédiate : l’homme est un élu de la nation, et le mode opératoire — une voiture, des tirs, la fuite — fait craindre un règlement de comptes politique.

L’enquête, elle, oriente rapidement les investigations vers l’entourage proche de la victime. Selon le ministère public, le mobile n’a rien de politique : le procureur évoquera, pendant l’instruction, un mélange de sexe, d’argent et de vengeance. Au centre du dossier, un élu local, ancien conseiller communal et vice-président d’arrondissement à Casablanca, Hicham Mouchtari. D’après l’accusation, il entretenait une relation avec l’épouse du député, Ouafae Bensamadi, et c’est lui qui, le soir du 7 mars, aurait abattu Abdellatif Mirdas, avec l’aide de son neveu Hamza Makboul, un étudiant qui aurait conduit le véhicule. Une quatrième personne complète le tableau : Roukia Chahboune, présentée par les enquêteurs comme une voyante fréquentée par l’épouse, qui aurait servi d’intermédiaire entre la veuve et l’élu.

Le procès s’ouvre devant la chambre criminelle de premier degré de la cour d’appel de Casablanca. Le parquet requiert la peine de mort contre Mouchtari, son neveu et la veuve, et la perpétuité contre la quatrième accusée. À la barre, les versions divergent : le neveu reconnaît que son oncle a tué le député, mais jure qu’il ignorait tout du projet ; la veuve admet la relation extraconjugale, mais nie avoir connu le plan criminel ; Mouchtari, lui, conteste être l’auteur des tirs.

Dans la nuit du 15 janvier 2018, après plus de dix mois de procédure, le verdict tombe. Hicham Mouchtari est condamné à la peine de mort pour assassinat. Ouafae Bensamadi écope de la réclusion criminelle à perpétuité. Hamza Makboul est condamné à trente ans de réclusion, et Roukia Chahboune à vingt ans. L’annonce des peines provoque des scènes de désespoir dans la salle d’audience, la veuve clamant son innocence en hurlant.

Le 26 juin 2018, la chambre criminelle d’appel examine à nouveau le dossier — et confirme intégralement le premier verdict : la mort, la perpétuité, les trente ans et les vingt ans sont maintenus. Les condamnations deviennent ainsi le mot définitif de la justice dans cette affaire qui avait tenu le pays en haleine.

Ce que ça enseigne sur le droit

  1. Assassinat ou meurtre, une question de préméditation : en droit pénal marocain, le meurtre commis avec préméditation ou guet-apens devient un assassinat, puni de la peine capitale. C’est la préparation démontrée du crime — surveillance, attente de la victime, organisation de la fuite — qui fait basculer la qualification.
  2. La peine de mort existe toujours, sans être appliquée : le Maroc continue de prononcer des condamnations à mort, comme dans ce procès, mais aucune exécution n’a eu lieu depuis 1993. On parle d’un moratoire de fait : la peine est réelle, ses effets concrets sont ceux d’une détention longue, et nombre de ces peines sont ensuite commuées par grâce.
  3. La complicité peut coûter presque aussi cher que le crime : conduire la voiture, servir d’intermédiaire ou participer à la préparation expose à des peines de vingt ou trente ans. Le droit pénal ne punit pas seulement la main qui tire : il punit tous ceux qui ont sciemment aidé à la réalisation du crime.
  4. L’appel criminel rejuge tout : contrairement à une simple vérification, la chambre criminelle d’appel réexamine les faits et peut confirmer, alléger ou aggraver les peines. Ici, elle a confirmé point par point le verdict de première instance.
  5. Le mobile ne change pas la qualification, mais il éclaire le procès : passion, argent ou vengeance ne sont pas des éléments de l’infraction ; ils servent au juge à comprendre l’enchaînement des faits et à individualiser la peine.

Et sur KAN3REF ?

Comment distingue-t-on un meurtre d’un assassinat, et que risque concrètement un complice ? Notre fiche sur les infractions contre les personnes, dans la rubrique procédure pénale, détaille les qualifications et les peines prévues par le Code pénal marocain, étape par étape.

Sources

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⚖️ Information générale, pas conseil juridique. Ce récit est rédigé à partir d'informations de presse et vise à expliquer le droit simplement. Il ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas la consultation d'un professionnel du droit. KAN3REF — كنعرف est une marque indépendante, sans lien avec un service public.